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[Test] Homefront


American Idiot ?

Kaos Studios, une division de THQ, est manifestement plus que traumatisé par les conflits modernes, larvés ou réels entre l’orient et l’occident. En 2008 déjà, Frontlines : Fuel of war nous donnait une vision des guerres de conquête de ressources naturelles. Pour Homefront, la situation est à peine différente. Ici, pour la première fois de leur jeune histoire, les États-Unis importent la guerre à la maison. Reste à savoir si THQ et Kaos Studios parviennent à se placer sur le segment très occupé des FPS, alors même qu’ils semblent s’en donner les moyens en se payant John Milius, le scénariste des cultes Apocalypse Now et Red Dawn. Rien moins que ça !

Age of paranoïa ?

Apparemment, la Corée fait peur à l’américain moyen. La faute sans doute à de jolies bombinettes atomiques quelque part dans des silos pas forcément sécurisés… Mais plus encore, l’idée même d’une occupation sur le sol national semble être une des peurs les plus importantes au pays du cinéma à grand spectacle.
Quoi qu’il en soit, dans Homefront, la Corée a gagné sa partie de Risk, et est devenue le maître du monde.
Après avoir envahi leurs compatriotes du Sud, les Coréens du Nord ont en effet étendu leur zone d’influence à toute l’Asie. Le Japon, suite à l’explosion d’une de ses centrales, à même dû signer sa reddition ( SIC ! Imaginez ma tête lorsque j’ai lu ça juste le jour même du séisme… ). Et puis bon, pourquoi s’arrêter en si bon chemin, les Amériques n’étant pas loin, et étant riches, Kim Jong Un, le fils de Kim Jong Il ( l’actuel dirigeant coréen ) décide de lancer une offensive de conquête massive. Et là, c’est le drame, les US tombent sous les coups de l’envahisseur. Non, mais sans charre, c’est pas la plus grande armée du monde les ricains ?! On m’aura abusée…
S’ensuit une occupation tyrannique, violente, à la limite de l’abject.
Vous, vous jouez Jacobs, un pilote de l’US Army, enrôlé de force par les coréens, jusqu’à ce que la Résistance de Montrose, Colorado, vous libère du joug de ces sales communistes. Et prière de ne pas se re-jeter dedans ! Sinon, ils seraient foutus de vous dézinguer à la faucille et au marteau. Et c’est quand même pire que de se faire assassiner par son cholestérol.

Par soucis d'économiser les graphistes, tous les coréens sont masqués. Après tout, un citron, c'est un citron.

Welcome to a new kind of tension

La séquence d’introduction vous plonge dans l’histoire en vous relatant de façon assez développée les évènements qui ont conduit à l’occupation du sol américain, grâce à des pseudos images d’archives, des documents audiovisuels et graphiques, des coupures de presse, des cartes. On a l’impression de se retrouver dans un documentaire sur la 3ème guerre mondiale, dont Kim Jong Un est le chef d’orchestre. Cette intro, plutôt bien ficelée et esthétique donne envie de commencer le jeu.
En outre, le problème des occupations, c’est qu’elles sont très invasives, et s’expriment par divers biais assez flippants et mensongers. Ainsi, vous allez être confronté à une propagande omniprésente, et à une présence omnipotente des forces de l’APC.
Lors de son trajet en bus scolaire vers les casernements ( ou la détention, allez savoir, c’est pas bien clair ), Jacobs va assister aux pires atrocités, aux pires crimes contre l’humanité. Rafles, bastonnades, cantonnements, pelotons d’exécutions sauvages, fosses communes en pleine ville…
Tout est fait pour vous faire dresser les petits cheveux sur la nuque et faire ronronner votre sens de l’empathie. Vous êtes entré dans une uchronie liberticide.
Sauf qu’à bien y regarder, il n’en sera rien. Et qu’en réalité, c’est le jeu lui-même qui se charge de briser vos douces illusions.

La propagande dans Homefront. Ah, non. Mille excuses, c'est la propagande du jeu.

Mind fuck
On s’attendrait, avec une présentation et un marketing de folie à avoir droit à une putain de perle dans le genre. Pensez-vous, «  par le scénariste de Apocalypse Now ! » proclament les superbes – soyons honnêtes – affiches placardées partout.
Et là, coup magistral, pandantaface ! Un beau mindfuck, parce que question graphismes, c’est à la limite de l’art naïf. Et ça, ben on s’y attendait pas. Alors bravo Kaos.
De deux choses l’une. Soit, ils ont monnayé un moteur chinois au rabais, soit, les graphistes étaient en vacances au moment du développement. Dans tous les cas, on se sent floué, et pas qu’un peu.
Parce que merde, dès le début, dans un jeu de type modern warfare, se faire arrêter par un capitaine qui a l’air d’avoir passé une année dans une crypte humide, ça fait mal. Et je n’ai pas vu Tom Savini figurer au générique.
Les textures ont l’air d’être mangées aux mites, ça aliase comme pas permis, le chara design est peu inspiré. Bref, c’est vilain. Et finalement, très peu digne d’une console next gen. Autant vous dire que ça ne va pas s’arranger au fil du jeu. Les décors sont crénelés tout du long, les couleurs dégoulinent…
Au final, le marketing, c’est comme les pubs Mc Cain : plus t’en parles, et moins t’en as, ou comment se foutre de la gueule du consommateur moyen. Ici, la campagne aura servi de cache-misère de luxe.

Téma comment je suis trop beau au sortir de mon caveau.

Gameplayfail

Bon. Visuellement, c’est aussi vomitif qu’un kloug, mais peut-être que le gameplay parviendra à gommer cet aspect hautement rédhibitoire parce qu’il est novateur ? Qu’en dites-vous ?
Plait-il ? Nova… quoi ? Super Nova, l’histoire d’étoile mourante ? Ah oui, ça se tiendrait si le jeu était un festival pyrotechnique.
Il restera un festival de connerie. C’est déjà ça, non ?
Voyons le programme que nous réserve Kaos. Commençons par une maniabilité assez approximative. Votre personnage reste coincé dans des marches d’escalier, sans vraiment comprendre ni quoi ni qu’est-ce. Quand vous voulez viser au-dessus d’un abri, en réalité, vous êtes accroupis sur le-dit abri ( un bug à la Bethesda, félicitations pour la référence ). Sans compter les moments où, visée pile sur la tronche d’un coréen, vous le loupez. Comment ? Excellente question, j’essaie toujours de comprendre. En dehors de ça, la prise en mains est très classique pour les habitués du FPS : visée, tir, grenades, changement d’arme, saut, planque derrière un élément de décor.

Inutile de régler votre téléviseur. Vous n'êtes pas non plus sous l'emprise de stupéfiants.

Ils ont mis les doigts dans la prise, avouez.

En parlant de décor, le level design est pauvre à pleurer. Aucune originalité, ce qui est d’autant plus regrettable que Kaos a essayé de mettre du rythme dans la réalisation : les environnements pètent de partout, mais voilà, tout reste archi revu. Sans compter que vous n’avez aucune – mais alors aucune hein – latitude pour explorer. Couloir, couloir, couloir et encore couloir. Ôtez-moi d’un doute, mais le couloir, c’est quand même pas devenu un argument de vente, si ?
Autre menhir à ajouter au cairn, ça frise quand même la correctionnelle tellement c’est scripté. Nom d’une pipe, trente types qui débarquent au compte-goutte du même endroit, pour se planquer derrière le même container, et qui arrivent TOUS à vous shooter alors que vous êtes planqué au ras du sol derrière une barrière de béton, c’est NORMAL ?! Mais qui bourdel à cornes a scripté ce foutu jeu ?!
Et alors, que dire lorsque vous devez attendre de 25 ans à perpète qu’un de vos allié daigne ouvrir une foutue porte ou monter un putain d’escalier après un dialogue dégoulinant de platitudes à la limite du scabreux… parce que non, vous ne pouvez pas ouvrir les portes, parce que manifestement, soit vous n’avez pas de pouce opposable, soit, vous êtes un dyspraxique profond. Et riez si vous voulez, mais regardez bien vos compagnons d’infortune discuter gentiment contre un mur en encadrant une porte : ils ont l’air détourés à la pelleteuse. FOR-MI-DABLE.

Faites-moi penser à vous parler de la localisation française terrifiante, et de la font des sous-titres qui fait saigner les yeux.

Tout n’est pas à jeter… même si on aurait aimé

J’ai quand même trouvé du bon, alors que j’étais engluée dans les marais du désespoir et du dégoût de soi.
La musique colle très bien à l’ambiance. Elle est agréable, souligne les climax, et sait se faire discrète quand il se doit.
L’ambiance elle même est réussie. On ressent la peur, l’étouffement dans un système oppressif, le sentiment d’urgence, et l’on compatit lors des exécutions. L’enfant pleurant devant ses parents fusillés sous ses yeux fait véritablement frémir. Digne d’un 1984.
Et le scénario ? Il aurait pu être très bien, s’il avait été exploité avec talent. Je vous rassure, du talent, il n’y en a pas. Le scénario donne donc un goût d’inachevé, de puissance jamais devenue en acte.

Conclusion

« Madame, je n’écrirai rien sur votre film jeu, c’est une mayrde ! ». J’aurais dû dire ça justement, avant de me lancer dans la pire expérience vidéo-ludique de ma vie.
Homefront est une honte, un affront fait au FPS. Qui soit dit en passant, n’est pas un genre hyper original, mais au moins, qui défoule. Sauf qu’en jouant à Homefront, j’ai juste eu envie de jeter mon pad, le jeu, l’écran et la PS3 par la fenêtre. JA-MAIS je n’ai été autant frustrée de jouer à un jeu ! Jamais je n’ai été aussi près de faire une crise d’apoplexie devant un tel gâchis.
A quoi sert de se payer Milius pour faire de la daube en encornets, je vous prie ? Même la référence à la chevauchée des Walkyries de Apocalypse Now est tombée à plat tellement elle était grossière. Sans compter que toute cette histoire de résistance, ça sent le Red Dawn réchauffé, ados en pleine crise hormonale en moins. Le cliffhanger final est juste pathétique, la durée de vie ridicule – 4h ! – ( en cela, le jeu aura véritablement détrôné les COD ), le scénario pas exploité…
Au final, Homefront m’a tellement gonflée que j’ai mis rien moins qu’un mois et demi ( oui, oui ) pour écrire ce test. C’était un véritable supplice de devoir y jouer, mais l’enfer du devoir, tout ça… vous comprenez quoi. Je n’ai même pas tenté le multi, j’ai dit halte. D’autant plus que le multi demande de rentrer un code pour jouer. Donc, quand vous revendez le jeu, le futur acquéreur doit payer 7€ pour expérimenter les joies du multi jusqu’à 32 joueurs sur un jeu moche et commun. Ô joie, ô félicité.
En bref, n’entrez pas ici, c’est une vraie boucherie. Apocalypse dans ta console.

Moi aussi je m'aime quand j'arbore cette expression avenante.

Version test :

PS3 et pad.

Infos :
Plateforme(s) : PS3 – Xbox360 – PC
Catégorie : FPS
Date de sortie Fr : 15/03/11
Classification : 18+

Les Plus :
- euh… non vraiment en cherchant bien…
- bon allez, la musique ? J’ai bon ?!
- Je sais ! La jaquette du jeu !

Les Moins :
- durée de vie anecdotique, 4 petites heures, rappelons-le
- graphiquement à la ramasse, voire nécessite une greffe de la cornée après avoir fini le solo.
- localisation française horripilante
- scriptcouloirscritpcouloircouloirscritp ( c’est le code de programmation du jeu je pense, enter the matrix )
- globalement chiant, pénible, une épreuve en fait…
Note globale : 8/20

4 commentaires

  1. Greg92

    Pitié ! Faites-lui tester d’autres jeux que ce genre de merdes, je tiens à mes manettes :)

    Nous l'a avoué le 23 avril 2011
  2. Linilim

    Oui ça se sent un tout petit peu qu’elle ne l’a pas aimé, et tu ne lui a pas parlé quand elle était en train de découvrir ce chef d’oeuvre…

    N'a pas pu s'en empêcher le 26 avril 2011
  3. Kanzen

    Il l’a vu en direct lui. :D

    A craché le morceau le 26 avril 2011
  4. Qymaen

    Dommage de n’avoir pas essayé le multi, c’est le point fort de ce jeu. Les developpeurs ont avoué avoir utilisé presque tous leur budjet dans le multi qu’ils ont réalisé en premier. Moi personellement je les excuse pour le solo ils n’ont pas le même budget qu’un COD bon sang !
    Je suis actuellement lvl 56 environ en ligne, ça montre que je me fais plaisir en jouant contre des joueurs qui, pour la plupart, ont un niveau assez bas.

    Nous l'appris le 30 juillet 2011

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