menu

Killzone2

[Occaz] Killzone 2


La guerre rétro-technologique

Démo technique à l’E3 2005, le FPS des suédois de Guerilla avait impressionné par la qualité de ses graphismes. Il avait suivi un premier opus datant de 2004, et un TPS, Killzone : Liberation réservé à la PSP.
Retour sur Killzone 2 à la veille de la sortie du nouvel opus.

Engagée dans une politique expansionniste, l’humanité colonise plusieurs systèmes et se dissémine sur toute planète où la vie est possible. C’est ainsi que Helgan est conquise. Cependant, les conditions climatiques y sont extrêmes, et suite à des contaminations biologiques diverses, les nouveaux arrivants sont forcés de muter pour survivre. Ils acquièrent une force et une résistance physique hors-normes, mais également un fort ressentiment à l’égard de l’Interplanetary Strategic Alliance, la force armée humaine.
Avec le sentiment d’être les laissés pour compte de l’ISA, les colons vont entrainer des guerriers pour faire un contre-poids à l’organisation humaine. Profitant de cette haine viscérale, l’obscur et charismatique Visari, émerge de la masse et s’érige en leader despotique et fanatique désireux de lancer une offensive d’envergure contre une colonie de l’ISA. C’est ainsi que le commandant Radec est envoyé avec armes et soldats sur la planète Vekta pour opérer un Blitzkrieg.
Après avoir pris une bonne déculottée, les Helghasts se retranchent sur leur planète accompagnés d’un ou deux petits nukes chopés à la volée en fuyant Vekta. Mais qui ça intéresse…
C’est donc l’ISA, qui, pour éliminer la menace, envoie son armée pour une offensive in situ. La réponse du berger à la bergère, en somme.

Les évènements relatés dans Killzone 2 font suite directe à l’opus sorti sur PSP. Vous ne contrôlez plus le Capitaine Templar, qui est passé commandant dans l’intervalle, mais Tomas « Sev » Sevchenko, un bleu dans l’équipe Alpha, aux côté de Rico, Garza, et Nakto. Tout ce beau monde a pour mission de capturer Visari pour mettre fin au régime de la terreur, et surtout, pour empêcher l’équilibre en termes d’armes de destruction massive. Ouh pinaise. Ça sent la baie des cochons. En tous les cas, on voit rapidement que cette guerre ne prendra fin que lors d’une invasion de coquecigrues marines.

On ne va pas se mentir, les pitch est classique, la prise en main l’est tout autant. Si vous êtes adepte des FPS console, vous ne serez sûrement pas dépaysé. La nouveauté de cet épisode, c’est que vous pouvez vous mettre à couvert en maintenant L2 enfoncé, ce qui s’avère non seulement pratique, mais surtout indispensable, à la fois pour parer aux tirs de semonces ennemis, mais aussi pour régénérer votre vie. L’avatar reste maniable, la visée en zoom également. On pourra regretter néanmoins le manque de réalisme de la-dite visée, notamment sur les fusils longue portée. En effet, elle reste stable, malgré le recul, et ces fusils disposent d’un chargeur 12 balles. Comme dans tout bon FPS, vous disposez d’armes de base en début de mission, que vous pouvez échanger en cours de niveau.

L’ambiance est très rétro, façon art monumental soviétique des années 30. L’architecture des environnements urbains ressemble à celle de la Russie léniniste et staliniste. Cette idée se retrouve d’ailleurs dans un culte à la personne rendu à Visari, ou encore, dans les décors extérieurs, sortes de bidons-villes industriels aux airs de kolkhoze. En même temps, vous ne verrez pas grand’chose, et ce, pour deux raisons. Tout d’abord, c’est un FPS couloir, alors qu’on ne s’attende pas à flâner dans les plaines verdoyantes d’Helgan. Mais surtout, c’est tellement sombre que même une taupe n’y retrouverait pas ses petits.
Sorti de cela, vous trouverez régulièrement des poubelles jonchant les niveaux en ville, à croire que c’est géré par une régie marseillaise en grève.
Notez que les environnements urbains sont déjà bien amochés avant votre arrivée, puisque manifestement, Visari a menacé de mort quiconque mettrait de la couleur sur un bâtiment. C’est donc noir, glauque, un peu crado, et finalement, ça correspond assez bien au misérabilisme Helghast, et à la répression propre à tout appareil dictatorial.
La modélisation est plutôt réussie, les personnages ne semblent pas disproportionnés, mais quand même, Guerilla les a dotés de tronches plutôt patibulaires, et de coupes de cheveux improbables. Heureusement, l’iroquoise et la mulet ne sont plus à la mode…
De leur côté, les Helghasts arborent une tenue composée d’un uniforme sombre et d’un masque à gaz, censés tous deux permettre aux soldats de résister aux contaminations environnementales de la planète. Cet uniforme n’est pas sans rappeler celui des Fedaykins, les troupes fremens fanatisées de Muad’Dib dans le roman Dune de F. Herbert. Ou, encore mieux, celui des soldats de la POSEM dans l’excellent Jin-Roh. D’ailleurs, le contexte de ces trois œuvres semble très proche : un régime totalitariste, ou toute forme d’identité ou de liberté individuelle est absente. C’est d’autant plus remarquable dans le jeu que les classes de soldats ennemis sont fort peu nombreuses.

L’iconographie du corps d’armée Helghast ressemble nettement à l’iconographie national-socialiste. Ainsi, des draperies, des écussons, rappellent la nation Helghast dans un esprit propagandiste. De plus, au fil des niveaux, vous entendrez régulièrement des messages radio-diffusés de propagande. Le doux filet de voix de prosélyte de Visari vous parvenant de hauts-parleurs disséminés dans les ruelles. N’hésitez pas, si cela ne vous sied pas, à les abattre à vue, ces saletés.
Le fanatisme et l’embrigadement sont donc les pierres angulaires sur lesquelles repose l’ambiance de Killzone 2. Les Helghasts sont donc, véritablement, des salauds à abattre au plus vite pour le bien être de l’humanité.

Le point fort du titre est son rythme soutenu. Il y a peu de chances que vous vous ennuyiez, tant les missions suicide s’enchainent, les explosions pleuvent et les ennemis sont nombreux. De ce côté, on est bien servis, merci monsieur. D’autant que, les Helghasts vous ont réservé quelques petites surprises. Ils ne sont pas du tout à court d’armement, et même, ont développé de nouvelles technologies meurtrières et inconnues de l’ISA. Autant que vous dire que Sev et vous n’allez pas pointer au chômage. Pour faire redescendre votre tension artérielle, Guerrilla entre-coupe chaque chapitre de cinématiques plutôt bien foutues. Il n’est pas rare non plus d’en voir en plein milieu d’un chapitre pour appuyer la difficulté de la tâche de nos héros.
Cependant, même si on pourrait considérer que les développeurs ont essayé de ne pas trop faire dans la monotonie, Killzone 2 reste un FPS-couloir classique. Pas chiant, mais classique au fond.

Quand on dit FPS-couloir, on pense logiquement que le scénario est anecdotique. Ce n’est pas tout-à-fait vrai dans Killzone 2, qui justement, a des prétentions scénaristiques. C’est ainsi que les phases d’actions se terminent toujours sur une révélation, ou une découverte, ou par la nécessité d’enquêter sur un phénomène particulier.
Ceci réduit l’impression de « parachutage » que l’on peut ressentir dans certains autres FPS. Mais, soyons honnête, ce semblant de trame ne suffit pas à faire oublier qu’on se situe dans un FPS codifié.
L’IA se défend très bien, voire trop pour ceux qui ne jouent que rarement à des FPS, ce qui rend le challenge bien plus ardu, et plus jouissif.

Le mode multi est assez intéressant. Vous pouvez héberger jusqu’à 32 joueurs après avoir créée votre avatar en piochant dans 6 classes différentes. Les modes de partie sont légions, et réserveront aux adeptes du multi d’intenses et copieuses heures de jeu.

A titre personnel, j’apprécie, lorsque je dois jouer à une série, d’en faire tous les opus, et pas uniquement le dernier sorti. Pour la bonne et simple raison que le scénario se développe au fil des épisodes. Il est donc impensable, pour moi, de ne pas faire au moins Killzone 2 avant d’attaquer son remplaçant.
Outre ces considérations bien subjectives, la trame scénaristique de Killzone 2 sert de base au 3 ; autant y jouer, donc. Ce d’autant plus qu’aujourd’hui passé en édition Platinum, son coût est relativement peu important.
Ensuite, c’est effectivement un FPS très codifié, mais dont l’ambiance glauque, noire, est intéressante, même si son traitement ( les Helghast uniquement vus comme des « nazis » ) n’est pas nécessairement très pertinent.
Jouable, maniable, c’est un jeu qui assume très bien sa fonction : divertir.
Alors, s’il ne fait pas partie de votre ludothèque, pensez à ne pas l’en priver.

Prix indicatifs ( neuf ) :

Edition Platinum à 25 €.

Infos :
Plateforme(s) : PS3 – exclu
Catégorie : FPS
Date de sortie Fr : 25/02/09
Classification : 18+

Les Plus :
- excellente jouabilité
- aucun temps mort
- noirceur du titre
- IA qui tient le pavé

Les Moins :
- conflit qui devient trop manichéen
- trop sombre

Remerciements à Voodooboy qui m’a fourni le mot « coquecigrue » en défi, et à Mathieu parce qu’avec lui, c’est jamais bien !

  1. remy

    C’est une bonne idée de nous sortir ce petit rétro test d’un titre qui aura fait brillé la PS3 il y a quelques années maintenant. Comme tu le dis l’univers visuel est plutôt lourd, sombre et glauque et ça tombe bien parce que j’adore cela et que ça suffit à mon plaisir sur ce jeu. Je n’ai pas encore connu ni vu le 3 mais je reviens régulièrement à ce KillZone 2 pour le plaisir de la mise en scène intense

    N'a pas pu s'en empêcher le 23 février 2011
  2. Kanzen

    D’après ce que j’ai vu de la démo multi et solo sur le PSN, c’est nettement plus clair.
    Il fait jour déjà, et le morceau de campagne solo se passait en extérieur.
    Le multi s’opérait en intérieur par contre, et c’était moins sombre, plus lisible. Mais la touche glauque reste.

    Il me donne TRES envie, ce KZ3.

    N'a pas pu s'en empêcher le 23 février 2011

Votre avis ?

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Go to top